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Traité sur la haute mer : une nécessité stratégique pour la République dominicaine

05 November 2026
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Par Jacques VILUS

La baie de Samana, avec ses 16 ports, ses terminaux touristiques et le poids économique de la baie de Samaná, où l’observation des baleines à bosse draine 100 000 visiteurs par an, le pays dépend viscéralement de son littoral.
La baie de Samana, avec ses 16 ports, ses terminaux touristiques et le poids économique de la baie de Samaná, où l’observation des baleines à bosse draine 100 000 visiteurs par an, le pays dépend viscéralement de son littoral. • VACATIONS.AIRCANADA

En ratifiant l’accord de l’ONU sur la biodiversité marine, entré en vigueur en janvier 2026, Saint-Domingue sécurise ses intérêts fondamentaux. Pour cet État insulaire, s’immiscer dans la gestion des eaux internationales ne relève pas d’un choix de circonstance, mais d’une décision stratégique liant directement sa politique étrangère à son développement économique et à sa durabilité.

La santé des écosystèmes marins dépasse largement la simple cause environnementale. Pour la République dominicaine, la mer agit comme une infrastructure logistique et commerciale indispensable. Avec ses 16 ports, ses terminaux touristiques et le poids économique de la baie de Samaná, où l’observation des baleines à bosse draine 100 000 visiteurs par an, le pays dépend viscéralement de son littoral. Alors que l’économie océanique mondiale devrait franchir le cap des 3 000 milliards de dollars d’ici 2030 selon l’OCDE, la stabilité de cet environnement dicte la compétitivité même de la nation. Protéger ces eaux n’est donc plus une option, mais un impératif pour garantir la résilience de l’île.

Peser juridiquement face aux puissances maritimes

Jusqu’ici, plus des deux tiers de l’océan mondial manquaient cruellement d’encadrement, laissant le champ libre aux flottes les plus puissantes. Le traité BBNJ (pour Biodiversity Beyond National Jurisdiction, soit l’accord sur la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales), troisième accord issu de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, vient combler ce vide juridique. Il ne se contente pas de dessiner des aires marines protégées au milieu de nulle part. Pour Saint-Domingue, ce texte garantit un accès au partage équitable des bénéfices tirés des ressources génétiques marines, un marché chiffré en centaines de millions de dollars, ainsi qu’un transfert indispensable de technologies. Il s’agit d’une arme juridique concrète pour consolider la filière pêche et s’assurer que les États en développement ne restent pas sur la touche.

L’urgence de décloisonner l’administration

Si la signature de cet accord va dans la bonne direction, le plus dur reste à accomplir au niveau national. Épaulé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le gouvernement dominicain doit désormais forcer ses administrations à collaborer, pour en finir avec la fâcheuse habitude de travailler chacune de son côté. Traduire ce traité en politiques publiques efficaces exige de financer la recherche scientifique appliquée, de consolider les systèmes de surveillance navale et d’intégrer la dimension marine dans la planification nationale. Un chantier institutionnel majeur qui réclame une coordination sans faille pour transformer ce cadre juridique en bénéfices tangibles.