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Vols de chiens en Guadeloupe : « Trop c’est trop », des citoyens interpellent le préfet et la justice

07 October 2026
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Chaque semaine, des familles guadeloupéennes sont brisées. Des chiens aimés sont arrachés à leur foyer. Derrière ces disparitions, des trafics sordides : revente clandestine, chiens utilisés comme appâts pour des combats illégaux, élevages clandestins.

Ils s’appellent Looping, Stella, Tay’lor, Snoop, UZY, Maya, Team, Vicky, White, Bella, Gangsta, Thor. Leurs noms figurent sur une affiche. Derrière chacun d’eux, une famille qui attend, qui cherche, qui pleure. Et derrière ces prénoms, des centaines d'autres chiens anonymes, dont la disparition n'a jamais été mise en avant où que ce soit.

En Guadeloupe, le vol de chiens est devenu « un véritable fléau quotidien ». C’est le constat que dresse un collectif de citoyens, propriétaires d’animaux et défenseurs de la cause animale, qui a adressé une lettre ouverte au préfet de région, aux procureurs de la République de Pointe-à-Pitre et de Basse-Terre, au directeur territorial de la police nationale, au commandant de la gendarmerie, aux maires de l’archipel, ainsi qu’aux fédérations, fondations et collectifs de protection animale.

Des trafics sordides derrière les disparitions

Le collectif ne mâche pas ses mots. Derrière ces enlèvements, il dénonce « des trafics sordides » : revente clandestine, utilisation des chiens comme « chiens appâts » pour des combats illégaux, enlèvements massifs pour alimenter des réseaux de reproduction et d’élevages illégaux. « Ces chiens subissent des sévices extrêmes pour générer de l’argent sale, au mépris total de leur bien-être ».

Face à cette barbarie, la réponse des autorités est jugée « quasi inexistante ». Les propriétaires qui tentent de porter plainte se heurtent « trop souvent à des refus, à des mains courantes minimisant les faits, ou à un classement sans suite ». Le message qui leur est renvoyé est clair, et le collectif le reprend avec colère : « Il ne s’agit que d’un chien ». Une formule inadmissible pour les signataires, qui rappellent qu’un animal de compagnie est « un être vivant et sensible, un membre de la famille, pas un simple objet ».

Quatre exigences pour sortir de l’impunité

Le collectif formule quatre demandes concrètes et immédiates. La première concerne la prise de plainte : il réclame une directive claire du préfet et des procureurs pour que police et gendarmerie enregistrent obligatoirement chaque vol d’animal comme un délit pénal, sans possibilité de le requalifier en simple perte ou en main courante.

La deuxième porte sur les enquêtes. Le vol d’un être sensible est puni par la loi : jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Le collectif exige que « des investigations réelles soient menées pour démanteler les réseaux de voleurs, de receleurs et d’éleveurs clandestins ».

Troisième demande : le contrôle strict de l’identification. Les forces de l’ordre, les mairies et les vétérinaires sont appelés à multiplier les contrôles de puces électroniques sur le terrain, lors des interventions et lors des consultations de nouveaux animaux suspects.

Enfin, le collectif réclame « une transparence des associations et institutions », avec une meilleure coordination et une action transparente de tous les acteurs, y compris des structures associatives et des fourrières, pour s’assurer qu’aucun chien volé ne soit déplacé, réadopté ou euthanasié sans vérification stricte et croisée de son origine.

« Ne laissons plus les voleurs s’en sortir impunément »

La lettre se conclut par un appel à la mobilisation. « Ne laissons plus les voleurs s’en sortir impunément. Signez cette pétition pour forcer le Préfet, la justice et les forces de l’ordre à sortir de leur passivité et à protéger nos animaux ! » Un cri d’alarme et une exigence de responsabilité adressée à l’ensemble des institutions.