Illettrisme : la Guadeloupe fortement touchée, près d’un jeune sur trois en difficulté de lecture
Selon une note d’information de la DEPP (statistique publique de l’éducation), 31 % des jeunes Guadeloupéens participant à la Journée défense et citoyenneté (JDC) en 2024 présentent des difficultés de lecture. Un chiffre nettement supérieur à la moyenne nationale de 13,4 %.
En 2024, 843 500 jeunes âgés de 16 à 25 ans ont participé à la JDC, un rendez-vous obligatoire qui inclut une évaluation de la lecture. Au niveau national, 13 % des participants rencontrent des difficultés de lecture et 6 % peuvent être considérés en situation d’illettrisme. Si 76 % des jeunes sont des lecteurs efficaces, un jeune sur dix présente des acquis fragiles.
Derrière ces moyennes nationales se cachent de fortes disparités territoriales. Dans l’Hexagone, les départements du nord de la France et ceux entourant l’Île-de-France sont les plus concernés, avec des taux allant de 14 % à 19 %. Mais ce sont les Outre-mer qui affichent les chiffres les plus alarmants. La Guadeloupe enregistre ainsi 31 % de jeunes en difficulté de lecture, un taux plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale. La Martinique (32 %) et La Réunion (30 %) affichent des niveaux comparables, tandis que la Guyane (52 %) et Mayotte (58 %) atteignent des proportions critiques.
Des difficultés plus marquées chez les jeunes sortis du système scolaire
La note de la DEPP souligne que les difficultés de lecture sont plus prononcées chez les jeunes sortis du système éducatif sans diplôme. Au niveau national, 7 % des participants à la JDC sont dans cette situation et parmi eux, 36 % rencontrent des difficultés de lecture et 18 % sont en situation d’illettrisme. Dans les DROM, cette proportion de jeunes sortis du système scolaire sans diplôme est particulièrement élevée, ce qui contribue mécaniquement à tirer les chiffres vers le haut.
Des écarts entre garçons et filles
Les garçons sont globalement plus souvent en difficulté de lecture que les filles : 15 % contre 11 % au niveau national. Parmi les jeunes scolarisés, ces difficultés concernent 13 % des garçons et 10 % des filles. Les garçons présentent plus fréquemment un déficit des mécanismes de base du langage écrit, ce qui explique leur surreprésentation dans les profils de lecteurs les plus fragiles.
Des retards scolaires qui pèsent
Les jeunes ayant une année de retard ou plus dans leur parcours scolaire sont deux fois plus souvent en difficulté de lecture que ceux qui sont « à l’heure » : 25 % contre 8 % au niveau national, dont 11 % en situation d’illettrisme chez les premiers, contre 3 % chez les seconds. Ce facteur, combiné aux spécificités socio-économiques des Outre-mer, contribue à expliquer l’ampleur du phénomène en Guadeloupe.
Ces chiffres rappellent l’importance de la lutte contre l’illettrisme, en particulier dans les territoires ultramarins où les difficultés sont les plus concentrées. La maîtrise de la lecture est en effet une condition essentielle pour l’insertion professionnelle, l’autonomie et la pleine participation à la vie citoyenne. En Guadeloupe, près d’un jeune sur trois est concerné : un défi que les acteurs éducatifs et institutionnels se doivent de relever.
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