L'affaire du spectaculaire black-out qui avait plongé la Guadeloupe dans le noir en octobre 2024 devra encore attendre. La procédure visant une quinzaine d'agents d'EDF PEI, poursuivis devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre pour des faits présumés de sabotage, a été renvoyée au 23 juin prochain.
Les faits remontent au 25 octobre 2024. En pleine mobilisation sociale au sein d'EDF PEI, la centrale thermique de Jarry avait subi un arrêt brutal de ses moteurs, provoquant une coupure générale d'électricité sur l'ensemble de l'archipel pendant plus de vingt-quatre heures.
Selon les éléments de l'enquête judiciaire, treize salariés grévistes auraient pénétré dans la salle de commande de la centrale avant de provoquer l'arrêt des moteurs thermiques. D'autres personnes les auraient ensuite rejoints afin de neutraliser le groupe électrogène de secours.
Ce black-out d'une ampleur exceptionnelle avait paralysé l'activité économique, les administrations, les commerces et une partie des infrastructures de santé. Les réseaux de télécommunication avaient également été perturbés, compliquant l'accès aux secours dans plusieurs communes.
Des conséquences humaines lourdes
L'enquête, menée pendant plusieurs mois par la section de recherches de la gendarmerie, s'est appuyée sur les images de vidéosurveillance et les badges d'accès des salariés pour identifier les suspects. Quinze agents avaient été placés en garde à vue en juin 2025 avant d'être remis en liberté dans l'attente des suites judiciaires.
Les investigations ont aussi mis en lumière les conséquences humaines du black-out. Selon le parquet, plusieurs patients à domicile, notamment en soins palliatifs, se sont retrouvés privés d'appareils médicaux essentiels. Des intoxications au monoxyde de carbone liées à l'usage de groupes électrogènes avaient également été recensées au CHU.
EDF avait, de son côté, évalué le montant des dégâts matériels à plus de 900 000 euros, notamment pour le remplacement de plusieurs équipements industriels endommagés lors de l'arrêt brutal des installations.
Un dossier sur fond de tensions sociales
Le renvoi du dossier au 23 juin prolonge donc encore l'attente des différentes parties civiles, mais aussi celle des agents poursuivis, dont plusieurs contestent toute implication directe dans le sabotage.
Cette affaire reste particulièrement sensible en Guadeloupe, où le conflit social à EDF PEI avait profondément divisé l'opinion publique. D'un côté, certains dénoncent un acte irresponsable ayant mis des vies en danger ; de l'autre, des soutiens des salariés estiment que le dossier s'inscrit dans un climat social et syndical extrêmement tendu.
Le futur procès devrait permettre de déterminer les responsabilités exactes dans ce black-out inédit près de deux ans après les faits.
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