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Chasse commerciale à la baleine : Antigua-et-Barbuda retire sa proposition, le moratoire reste en vigueur

06 October 2026
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Par Jacques VILUS

Antigua-et-Barbuda avait présenté une résolution visant à faire réexaminer le paragraphe 10(e) du calendrier de la Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine.
Antigua-et-Barbuda avait présenté une résolution visant à faire réexaminer le paragraphe 10(e) du calendrier de la Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine. • PAR JOCELYN OUELLET/AMPHIBIA-NATURE.ORG

Réunie à Hobart, en Australie, la Commission baleinière internationale a maintenu l’interdiction de la chasse commerciale à la baleine. Antigua-et-Barbuda avait proposé de revoir la disposition qui fonde ce moratoire, mais sa résolution a finalement été retirée. La Grenade est intervenue pour effectuer ce retrait, tout en demandant que la question fasse l’objet de discussions scientifiques.

Le dossier était l’un des sujets sensibles de la 70e réunion de la Commission baleinière internationale, organisée du 28 septembre au 2 octobre à Hobart, en Tasmanie. Antigua-et-Barbuda avait présenté une résolution visant à faire réexaminer le paragraphe 10(e) du calendrier de la Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine. Cette disposition est à l’origine du moratoire sur la chasse commerciale, entré en vigueur en 1986. Le gouvernement antiguais soutenait qu’une révision devait intervenir dix ans après son adoption, mais qu’elle n’avait jamais eu lieu. Il défendait donc un examen fondé sur les données scientifiques, le droit international et les règles de la Commission.

Une proposition finalement retirée

Le 1er octobre, la résolution a été retirée sous condition. La Grenade est intervenue au nom d’Antigua-et-Barbuda et a demandé que le groupe de liaison scientifique de la Commission examine avec le Comité scientifique la procédure permettant de revenir sur le paragraphe 10(e). Cette démarche a alimenté la controverse. Pour OceanCare [Une organisation internationale de protection de la vie marine, basée en Suisse et active depuis 1989. Elle bénéficie notamment du statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC).], qui suivait les débats à Hobart, réexaminer cette disposition revient, en pratique, à remettre en discussion le moratoire lui-même. L’organisation a également souligné le caractère inhabituel du retrait effectué par la Grenade. Mais cette interprétation doit rester attribuée à OceanCare. La Commission n’a pas levé le moratoire et celui-ci reste en vigueur.

Une forte opposition en Antigua-et-Barbuda

La proposition avait aussi suscité une contestation dans le pays. Le 30 septembre, une coalition locale de protection des baleines a remis au Premier ministre Gaston Browne une pétition réunissant 5 585 signatures provenant de 87 pays et territoires, lui demandant de retirer la résolution. Des représentants de la communauté du yachting avaient également adressé des courriers au gouvernement. Cette campagne intervient alors qu’Antigua-et-Barbuda avait déjà présenté des initiatives comparables en 2022 et 2024. Les deux précédentes propositions avaient finalement été retirées.

Le débat n’est pas complètement refermé

Le retrait de la résolution ne signifie donc pas qu’Antigua-et-Barbuda abandonne son argumentaire. Le gouvernement continue de défendre l’idée d’un examen scientifique du dispositif adopté par la Commission. Mais le résultat de la réunion de Hobart est clair : le moratoire sur la chasse commerciale à la baleine, en vigueur depuis 1986, demeure. La tentative de modifier le cadre international qui l’encadre n’a pas abouti. Le débat pourrait toutefois se poursuivre autour de la portée du paragraphe 10(e), et de la place que la Commission souhaite accorder à une éventuelle réévaluation scientifique de ses décisions.